La cueillette ouvre en juillet 2026 !

Le Parc naturel régional de Millevaches

Habiter un refuge menacé

Le Parc naturel régional de Millevaches s’étend sur trois départements – la Creuse, la Corrèze et la Haute-Vienne – et couvre un haut plateau granitique, rude, arrosé, parfois hostile, toujours magnifique. Ce territoire est un refuge. Refuge pour les zones humides, les tourbières, les landes sèches, les forêts anciennes, mais aussi refuge pour celles et ceux qui refusent l’agriculture hors-sol et la vie hors-sol.

S’installer ici, c’est faire le choix d’une exigence : climat rigoureux, isolement relatif, accès limité aux services, mais aussi une qualité d’air rare, des eaux de surface parmi les plus pures d’Europe, et un cadre de vie apaisé, propice à l’attention et à la lenteur. Le parc soutient les projets agricoles cohérents, respectueux des sols, des paysages et des savoirs locaux, dans une logique de souveraineté territoriale.

Mais ce territoire souffre aussi. Depuis plusieurs décennies, le modèle forestier dominant, fondé sur les coupes rases de feuillus et la plantation massive de résineux, notamment de douglas, modifie profondément les paysages et les écosystèmes. Ces monocultures, gourmandes en engins lourds et pauvres en vie, acidifient les sols, appauvrissent la biodiversité et laissent derrière elles des sols compactés, érodés, vulnérables. Elles sont, de plus, mal adaptées au climat futur : sécheresses, vents violents et maladies risquent d’en faire des cimetières verts.

Des solutions existent. Partout sur le plateau, des collectifs et des forestiers s’engagent pour une sylviculture douce, fondée sur la régénération naturelle, le respect du sol, le maintien du couvert forestier, et la diversité des essences. Ces pratiques lentes, patientes, presque invisibles, sont pourtant les seules viables à long terme. Elles ouvrent la voie à une autre forêt, résiliente, habitable et vivante.

Nous sommes fiers de contribuer, à notre échelle, à cette dynamique de réappropriation du territoire, en cultivant sans l’abîmer. Millevaches n’est pas un désert : c’est une zone de résistance écologique, de réinvention concrète, où chaque verger, chaque haie, chaque décision prudente, participe à réparer le sol et le temps.

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